
Styles d'affection : le modèle de Gary Chapman et ce qu'en dit la science
L'idée que chacun a un langage principal pour donner et recevoir de l'amour est extrêmement populaire. Une revue de 2024 a montré que les hypothèses centrales du modèle reposent sur peu d'appuis empiriques.
D'où vient le modèle
En 1992, le pasteur et conseiller conjugal Gary Chapman a publié un livre proposant que les gens expriment et reconnaissent l'amour de cinq façons : les paroles valorisantes, les moments de qualité, les cadeaux, les services rendus et le toucher physique. Selon Chapman, chaque personne a un langage principal, et de nombreux conflits naissent lorsque les partenaires « parlent » des langages différents.
Le modèle est issu de l'expérience de conseil de Chapman, et non d'une recherche systématique. Le livre s'est vendu à des millions d'exemplaires et l'idée est entrée dans la culture populaire.
Ce que dit la recherche
Les études empiriques sont relativement peu nombreuses et leurs résultats mitigés. Une des premières études a trouvé un appui partiel à l'existence de cinq groupes de comportements d'entretien de la relation (Egbert & Polk, 2006). Une étude menée auprès de couples n'a trouvé aucun lien entre le fait de « parler le langage de son partenaire » et la satisfaction ; l'autorégulation comptait davantage (Bunt & Hazelwood, 2017). Une autre a constaté une satisfaction plus élevée lorsque le comportement du partenaire correspondait aux préférences de la personne (Mostova, Stolarski & Matthews, 2022).
En 2024, Emily Impett, Haeyoung Park et Amy Muise ont passé en revue la littérature et conclu que trois hypothèses centrales du modèle sont peu étayées : que chaque personne a un langage principal unique, que les couples aux langages concordants sont plus heureux, et que les cinq langages couvrent toutes les manières d'exprimer l'amour. Elles proposent une autre métaphore : l'amour fonctionne davantage comme une alimentation équilibrée, où chaque forme compte, que comme une langue unique.
Ce qui mérite d'être retenu
Le message le plus utile du modèle survit à la critique : les gens accordent de la valeur à des gestes différents, et il vaut la peine de demander à son partenaire ce qui lui donne le sentiment d'être aimé. La réceptivité, c'est-à-dire le fait de remarquer les besoins de son partenaire et d'y répondre, est l'un des facteurs les plus étudiés et les plus constants de la qualité d'une relation.
Limites
Ce test n'a pas été validé et le modèle lui-même repose sur une base de preuves fragile. Comme il utilise le choix forcé, il vous oblige à classer les cinq formes même si chacune compte pour vous ; un classement net ne signifie pas que les dernières ne comptent pas. N'utilisez pas le résultat pour juger de la compatibilité d'un couple.
Comment Ethea adapte le modèle
La version d'Ethea comporte deux parcours indépendants : la façon dont vous préférez recevoir de l'affection et la façon dont vous avez tendance à la manifester. Chaque parcours compare les cinq formes dans toutes les paires possibles (dix paires par parcours, 20 au total). Le résultat présente les deux classements côte à côte et invite à en parler avec votre partenaire, dans l'esprit de l'« alimentation équilibrée » proposée par la revue de 2024.
Test créé par Giovanni Oliveira.
Ethea n'est affilié ni à Gary Chapman ni à l'éditeur de ses livres et questionnaires.
Références
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- Chapman, G. (1992). The Five Love Languages: How to Express Heartfelt Commitment to Your Mate. Northfield Publishing. Rechercher sur Google Scholar(s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Egbert, N., & Polk, D. (2006). Speaking the language of relational maintenance: A validity test of Chapman's (1992) Five Love Languages. Communication Research Reports, 23(1), 19–26. Rechercher sur Google Scholar(s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Bunt, S., & Hazelwood, Z. J. (2017). Walking the walk, talking the talk: Love languages, self-regulation, and relationship satisfaction. Personal Relationships, 24(2), 280–290. Rechercher sur Google Scholar(s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Mostova, O., Stolarski, M., & Matthews, G. (2022). I love the way you love me: Responding to partner's love language preferences boosts satisfaction in romantic heterosexual couples. PLOS ONE, 17(6), e0269429. Rechercher sur Google Scholar(s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Impett, E. A., Park, H. G., & Muise, A. (2024). Popular psychology through a scientific lens: Evaluating love languages from a relationship science perspective. Current Directions in Psychological Science, 33(2), 87–92. Rechercher sur Google Scholar(s'ouvre dans un nouvel onglet)
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- Brown, A., & Maydeu-Olivares, A. (2011). Item response modeling of forced-choice questionnaires. Educational and Psychological Measurement, 71(3), 460–502. DOI: 10.1177/0013164410375112(s'ouvre dans un nouvel onglet)
- Brown, A., & Maydeu-Olivares, A. (2013). How IRT can solve problems of ipsative data in forced-choice questionnaires. Psychological Methods, 18(1), 36–52. DOI: 10.1037/a0030641(s'ouvre dans un nouvel onglet)